Hotline pour la prévention du radicalisme : « Personne n’est à l’abri, il faut agir »

Ecrit par Parti Vert'libéral vaudois le 07/03/2018 | 0 commentaires


Journal de Morges du 23 février 2018

Hotline pour la prévention du radicalisme : « Personne n’est à l’abri, il faut agir »Image - Claire Richard - Hotline

Fin 2017, la députée Claire Richard a obtenu l’unanimité du Grand Conseil concernant sa motion sur la mise en place d’une permanence téléphonique comme mesure de prévention du radicalisme.

Claire Richard se souviendra sans doute longtemps du mardi 3 octobre, 20,17. Ce n’est en effet pas souvent que le Grand Conseil est unanime sur un objet. Et ‘pourtant, la motion de la députée de Chigny est parvenue à mettre tout le monde d’accord. «Je ne m’attendais pas à l’unanimité, concède la principale concernée. Je dois avouer que c’était beau. Même Béatrice Métraux, la conseillère d’État a admis la nécessité d’agir. C’est dans ce genre de moments que l’on se dit: on est dans le juste, c’est ce qu’on attend de nous. Loin de la politique politicienne, simplement pour le bien-être de nos concitoyens.

L’objet, le voici: Mise en place d’une permanence téléphonique («help-line») comme mesure de prévention du radicalisme. Une motion acceptée en octobre dernier, mais qui se trouvait dans le pipeline depuis bien plus longtemps. «La toute première idée est née au niveau du Conseil national. Isabelle Chevalley avait effectué une interpellation demandant ce qui se faisait au niveau fédéral pour la prévention contre le radicalisme. On lui a répondu que ce domaine traitait de la compétence cantonale. Il ne nous en a pas fallu davantage pour déposer une interpellation pour savoir ce qui se faisait chez nous.»

L’explication du Conseil d’État ne satisfait alors pas la députée du district. «Le canton disait vouloir attendre les instructions de la Confédération. On peut se renvoyer la balle assez longtemps.»

Prenant les devants, le groupe des Vert’libéraux dépose une motion au Grand Conseil, acceptée par celui-ci donc le 3 octobre. Le but de cette «help-line» est simple. «Il faut offrir une écoute et de l’aide à toute personne qui a une suspicion de radicalisation dans sa famille ou son entourage. Cette «help-line» permettra d’être anonyme et de ne pas ressentir le sentiment de délation qui pourrait exister en cas de rencontre avec la police pareillement.»

Offrir de l’aide

Si les exemples concrets de nécessité de cette structure ne courent pas les rues, Claire Richard est catégorique: il vaut mieux prévenir que guérir. «Certains croient encore que nous sommes dans notre petite bulle helvétique, loin de tout danger. Mais ce n’est pas le cas. Personne n’est à l’abri et il faut agir et en parler avant qu’il arrive quelque chose de grave comme on a pu le voir notamment dans les pays voisins.»

Premiers concernés par la problématique de la radicalisation et qui pourraient devoir y faire face, Le terrorisme est l’extrémisme qui nous parle le plus, car il est tristement d’actualité, mais il n’est de loin pas le seul les professeurs dans les différents établissements scolaires. Une étude menée par le canton auprès de 1300 cadres et enseignants des gymnases et des écoles professionnelles en juin 2017 révèle en effet un besoin de soutien de la part des professeurs. «Parmi les aides à développer, les procédures de signalement en cas de suspicion font l’unanimité», déclare cette étude. Un secours qui pourrait être apporté par la permanence téléphonique proposée par Claire Richard.

À large échelle

Pourtant cette «help-line» ne se veut pas restreinte à la prévention du terrorisme. «Notre volonté est de combattre toutes les dérives extrémistes, assure la députée. Ce dispositif peut également être destiné aux parents dont les enfants sont entrés dans une secte par exemple. Le terrorisme est l’extrémisme qui nous parle le plus, car il est tristement d’actualité, mais il n’est de loin pas le seul. Cet outil doit s’adresser à tous, dans un esprit de service aux citoyens.»

Une volonté partagée par l’ensemble du gouvernement, comme l’a confirmé Béatrice Métraux, cheffe du Département des institutions et de la sécurité (DIS) lors de l’acceptation de la motion au Grand Conseil: «Cette ligne verte sera un endroit où chacun, chacune pourra déposer ses angoisses, ses observations. Cette «help-line» est nécessaire et le Conseil d’État a décidé de la mettre en oeuvre.»

Si la date de la mise en marche n’est pas encore précisément connue, cette permanence téléphonique n’est pas une première en Suisse. Le canton de Genève a en effet déployé ce dispositif en 2016 et la ville de Bienne s’est également dotée d’un outil de ce type à la fin de l’été dernier.

Mise en oeuvre venir

Le dossier est actuellement dans les mains du Conseil d’État. Difficile d’obtenir des informations, si ce n’est que «la mise en place du dispositif est prévue entre fin mars et début avril 2018», selon un courriel reçu du délégué en communication du Département des institutions et de la sécurité (DIS), Marco Danesi. On trouve également dans le budget cantonal 2018, une «Participation de la Confédération au financement de 2 ETP (équivalent temps plein) supplémentaires dévolus à la lutte contre le terrorisme». En octobre dernier, Béatrice Métraux s’exprimait devant le Grand Conseil: «C’est la police qui mettra en oeuvre cette «help-line». Elle fera tout le travail qu’elle fait actuellement, à savoir un travail de recherches et d’analyse.» Cette permanence téléphonique devrait être la première pierre d’un programme plus global de prévention des extrémismes au niveau cantonal.

 

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